Pour vous permettre de comprendre par comparaison, j'ai décomposé le mouvement en images successives. Voici le couple stéréo tel que le fait la paire de boitiers Nikon D200 :
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Que remarque t-on? - Le petit flash des 2 boitiers est insuffisant pour bien éclairer l'image. Que faire? Travailler l'image pour corriger tout ça. C'est là que commence la différence entre les fichiers RAW et JPEG. Que l'on se comprenne bien. Les images ci-dessus sont les images JPEG fournies par les boîtiers D200. C'est a dire que le capteur du boîtier a réalisé une image RAW avec une dynamique de 12 bit par pixel soit 4096 niveaux de luminosité par pixel. Un programme interne au boîtier a fait des compensations (que l'on peut ajuster dans les menu du boîtier : plus ou moins de contraste ou luminosité). Il a ensuite fait une compression JPEG plus ou moins forte selon votre demande (ici j'ai choisi la moins forte des compressions). Il a enregistré au format JPEG, c'est a dire avec 8 bit par pixel soit 256 niveaux de luminosité par pixel. Voilà que maintenant je dois travailler ce fichier JPEG pour corriger les défauts signalés précédemment. Que va-t-il se passer? Si j'augmente la luminosité moyenne du cliché, je vais griller les blancs de la table, car il vont tous se trouver au niveau maxi. Heureusement les programmes de traitement d'images permettent des opérations plus sophistiquées. C'est à dire que l'on peut par exemple déplacer les niveaux intermédiaires vers des valeurs plus élevées, sans que les valeurs minimales et maximales ne changent. Un calcul plus ou moins complexe va comprimer les luminosités élevés et étirer les faibles luminositées. C'est dans l'étirement que réside le problème. En fait c'est dans les conséquences de l'étirement des sombres sur les couleurs que le problème sera le plus visible. J'ai fait, pour cette démonstration, l'exercice d'éclaircissement sur le JPEG aussi, conformément a celui que je fais avec le RAW. Voici la comparaison ci-dessous.
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On constate que le RAW reste beaucoup plus neutre, moins saturé. Je veux dire que les tabourets noirs du résultat JPEG sont facilement bleutés et plus vraiment noirs. Le plancher du résultat JPEG a tendance a verdir. Le tissu plutot rouge bordeaux clair vire au rose ou à l'orangé selon l'endroit et certaines parties des boiseries et cuivre virent au jaune. De plus malgré une netteté fortement accentuée par rapport au JPEG, le RAW reste moins granuleux. Certes l'image JPEG plus saturée peu satisfaire le débutant, mais ces dérives finissent par agacer l'expert. La raison est dans la dynamique (le nombre de niveaux) des couleurs dans chaque pixel. Selon la façon dont sont programmés les calculs de chaque programme, les résultats peuvent être différents, mais seront toujours plus juste en RAW qu'en JPEG, en raison de la plus grande finesse que crée un plus grand nombre de niveaux. Alors, voilà comment je procéde : D'abord jutilise le logiciel DXO, car j'ai la chance que mon boîtier et mon objectif lui soit connu. Le résultat est ci-dessous.
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Qu'a-t-il fait? Et ensuite? Voici le résultat brut ci-dessous :
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Si vous vous êtes déjà heurté a ce genre d'équilibrage vous savez comme il est facile de faire des effets indésirables. Sans la pleine dynamique de l'image RAW cet éclaicissement / assombrissement est d'une terrible difficulté. Ceci fait, pour chaque image du couple, il faut maintenant placer correctement la fenêtre stéréo et corriger tous les basculements est différences de focales des 2 objectifs.
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L'anaglyphe comporte, en plus, des calques qui jouent sur la saturation et la luminosité des images. Le fait de n'avoir plus de zones bouchées ou grillées est aussi très avantageux pour l'anaglyphe. Sans l'éclaircissement permis par la grande dynamique des images RAW, l'anaglyphe serait décevant. Vous avez remarqué : sur l'image précédente la position de ma fenêtre stéréo est mal choisie (Ca s'écrase dans les angles inférieurs.). En fait non, elle est bien choisie car elle permet de mettre la face du sujet d'intérêt principal a l'écran. Le résultat est ci-desous :
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Cette image est l'image finale. C'est un empilement de calques dont je peux extraire toutes les versions selon le mode de présentation de la stéréo demandé. Pour les sauvegardes suivantes, les 16 bits par couche du RAW ne sont plus utiles. Les images extraites sont maintenant des JPEG. Voici le couple stéréo (à voir en parallèle) :
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et pour comparaison le couple JPEG fait par le boîtier :
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C'est un immense plaisir que de travailler une image et, en définitive, de voir mieux que dans la réalité. |
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Je sais que certains vont se dire : "Il n'explique rien en détail. Je peux pas refaire. En plus, cette image n'est qu'un cas très particulier"
Si vous pensez ça, alors je vous pose la question : "En êtes-vous sûr ?" et je vous conseille de relire. Vous constaterez que le principe est décrit. Il vous reste juste à le transposer en l'adaptant à vos programmes favoris. Non cette image n'est pas un cas particulier. Toutes les images ont des sombres trop sombres, des clairs trop clairs, un éclairage imparfait et à corriger. Cette image est juste un bon exemple. Bien sûr c'est pas de l'image "clic-clac merci kodak". Il faut bosser, faire des choix, Apprendre à choisir la découpe, les contrastes... après avoir déclenché. Etes-vous prêt à le faire? Ca prend des heures. Si oui, je suis persuadé que vous ne voudrez pas que je dirige votre main. Vous voudrez le faire vous même, avec le logiciel qui vous va bien. Maintenant que vous savez d'où l'on peut partir et là où l'on peut arriver, il ne vous reste plus qu'à faire avec vos outils. N'est-ce pas l'essentiel? Si vous espérez ce résultat en "clic-clac", ça viendra dans les futurs appareils photos. Oui les traitements DXO commencent a s'intégrer dans les processeur des boîtiers. Oui l'éclaircissement numérique devient un classique sous divers nom (Dligthning, digital flash,...), mais personnellement j'espère qu'il restera toujours quelque chose à choisir et que vous ne pourez pas faire ça en "clic-clac". L'avenir le dira ... |
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P. GIDON |