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Le Châtel, l'Aiguille de Bachillianne |
Le Châtel (ou "Bonnet de Calvin"), qui domine la ville de Mens, constitue l'extrémité septentrionale du
chaînon de l'Obiou. Il constitue l'extrémité d'un promontoire séparant le Trièves oriental, à l'ouest, du bas Beaumont à l'est. Ce petit sommet est constitué par une butte témoin de Tithonique, coiffée par un petit chapeau de marno-calcaires berriasiens, les couches ayant à cet endroit un pendage sub-horizontal. Sa structure est donc aussi simple que son accès
est facile (pas moins de trois sentiers différents ont trouvé des passages pour franchir la barre du Tithonique qui court à flanc
de pente).
L'Aiguille de Bachillianne est située plus au sud sur la même crête, symétriquement par rapport au col de la Brèche. Ce dernier est ouvert dans le cœur argovien d'un anticlinal, presque transversal à la crête, l'anticlinal du col de la Brèche, qu'il faut rattacher, en raison de son orientation NE-SW, à la famille des plis anté-Sénoniens. Ce col représente donc un bel exemple d'inversion du relief*.
L'anticlinal du col de la Brèche se prolonge vers le nord-est, où il est éventré par le vallon du ruisseau de Chalanne, qui descend dans cette direction vers la vallée du Drac. Ce vallon est dominé côté sud-est par l'arête rocheuse des Trois-Frères, qui est formée par le Tithonique du flanc sud-est du pli, et où l'on voit les mêmes replis anguleux que sur le versant ouest (opposé) de l'Aiguille de Bachilianne.
L'axe du pli passe dans les Terres Noires à Cordéac puis, en rive droite du Drac, sa voûte est dessinée par les calcaires du Lias moyen (c'est l'anticlinal du Chauvet, décrit à la page "Beaumont septentrional"). A l'opposé du relief inversé du col de la Brèche, les couches y sont au contraire dénudés par l'érosion et forment au Chauvet un relief très conforme, du type des monts jurassiens*.
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Le versant oriental du Châtel, vu de la N.85 aux alentours de Quet-en-Beaumont.
Une observation attentive des abrupts septentrionaux de l'Aiguille, dans les ravines affluentes du torrent de Chalanne montre que l'on yobserve en réalité deux générations de plis.
Les plis de grande taille que dessine la barre Tithonique sont ceux anté-sénoniens, d'axes NE-SW. Dans les falaises du Séquanien on observe des plis de plus courte longueur d'onde dont les axes sont proches de N-S : il s'agit de plis, sans doute post-sénoniens, formés par les irrégularités du cisaillement intervenu lors des glissements couches sur couches générés par le plissement.
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L'Aiguille de Bachilianne, vue du nord depuis le sommet du Châtel.
Les astérisques A* et B* désignent les emplacements des portions d'abrupts représentés dans les clichés suivants.
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Plis N-S
dans le Séquanien (site A).
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Plis N-S
dans le Séquanien (site B).
La barre du Tithonique qui ceinture la montagne du Châtel en est un trait remarquable et son analyse un peu plus détaillée n'est pas dénuée d'intérêt.
voir, à ce sujet, la page spéciale annexe |
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Le sommet du Châtel vu du sud, depuis l'Aiguille de Bachillianne.
On est frappé par la grande simplicité
tectonique de ce sommet, qui est une simple butte témoin*
de Jurassique supérieur, se profilant devant une zone où
les terrains de cet âge ont été érodés
(il s'agit du tronçon E-W de la vallée du Drac et
du chaînon du Sénépy).
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(Mens) |
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